Nathalie Vallée

Préparer la relève 4.0 avec les établissements scolaires
Nathalie Vallée, Directrice générale, Collège Ahuntsic
Nathalie Vallée
Directrice générale, Collège Ahuntsic
Préparer la relève 4.0 avec les établissements scolaires
Comment répondre aux besoins en main-d’œuvre manufacturière ? Plusieurs entreprises le font en mettant de l’avant des initiatives innovatrices. C’est le cas de Siemens Canada qui a proposé un projet de collaboration au Collège Ahuntsic. Voyez de quelle façon cet établissement d’enseignement l’a aidée.

Le Collège Ahuntsic a toujours adapté ses programmes à la réalité du marché du travail. Mais, lorsque Siemens l’a contacté, le collège a décidé de faire plus et d’aller plus loin. « Stéphane Chayer, vice-président de la division Technologies du bâtiment chez Siemens Canada, nous a approchés il y a environ deux ans pour discuter des importants besoins de main-d’œuvre technique auxquels son entreprise allait faire face, raconte Nathalie Vallée, directrice générale du Collège Ahuntsic. Il souhaitait notamment que nous établissions un partenariat pour la formation en mécatronique. Il songeait aussi à créer une Académie Siemens au Québec, comme il en existe ailleurs au Canada et dans le monde. »  

Adapter la formation duale au Québec  

Siemens voulait entre autres explorer la possibilité d’intégrer les apprentissages en milieu de travail à l’intérieur des programmes du collège, un peu comme le fait l’Allemagne avec la formation duale. Intéressé, le Collège Ahuntsic profite d’une subvention octroyée par le gouvernement du Québec pour effectuer une analyse. « Nous avons rapidement constaté que le modèle de formation duale tel qu’implanté en Allemagne ne peut être mis en œuvre à court terme au Québec, dit Mme Vallée. Il faudrait d’abord réunir un grand nombre d’entreprises partenaires, afin d’offrir cette occasion à tous nos étudiants. » Mais le collège trouvait le concept intéressant. Il a donc décidé de l’adapter.

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La formation duale

L’expression d'origine allemande « formation duale » désigne un cheminement curriculaire se déroulant dans deux environnements : le milieu industriel et le milieu scolaire. Le modèle est très bien intégré en Allemagne et en Suisse. L’apprentissage en milieu de travail occupe la majeure partie du temps de formation, jusqu’à 70 % parfois. Cependant, seulement un quart des entreprises allemandes offrent la formation duale, les petites entreprises n’ayant pas les moyens de soutenir un modèle où l’étudiant-travailleur est rémunéré.


Un partenariat innovant

L’entente avec Siemens permet notamment au collège de former à moindre coût quatre de ses enseignants dans une des académies de l’entreprise, en mécatronique. « Nous pourrons ainsi inclure les compétences en mécatronique de Siemens à nos programmes d’étude, précise Mme Vallée. Nos finissants seront donc des techniciens certifiés Siemens, ce qui ne veut pas dire qu’ils devront y travailler. D’autres manufacturiers pourront aussi profiter de leurs compétences. » Car, comme le précise M. Chayer, cette entente n’est pas exclusive. « Un de nos buts est de propager l’idée de collaboration, afin d’inciter d’autres entreprises à former des partenariats avec des établissements scolaires. »

La collaboration entre les collèges et les entreprises fait partie des solutions visant à répondre au besoin de main-d’œuvre technique qualifiée. Notre objectif est d’offrir le meilleur service à l’étudiant, mais aussi un service aux entreprises, car l’un ne va pas sans l’autre.

Créer des ponts avec les manufacturiers

Étant donné qu’il n’est pour l’instant pas possible d’envoyer ses étudiants en apprentissage dans les entreprises, le Collège Ahuntsic a eu l’idée de faire l’inverse : inviter les entreprises chez lui. « Nous avons imaginé un projet de laboratoire vivant installé dans notre établissement, explique Mme Vallée. Des employés d’entreprises partenaires, des étudiants et des enseignants y collaboreraient au gré des besoins de l’industrie. Entreprises et étudiants évolueraient ainsi au même rythme : celui de la technologie. Notre projet vient d’être déposé au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. »

Une offre souple

Les établissements collégiaux actualisent chaque année leurs formations en fonction de l’évolution du marché et des technologies. Le Collège Ahuntsic a ainsi conçu un nouveau programme d’attestation d’études collégiales (AEC) en robotique industrielle qui démarrera dès l’automne. « De telles AEC peuvent être créées au gré des besoins des entreprises et être démarrées à n’importe quel moment dans l’année, » précise Mme Vallée.

Les services offerts aux entreprises par les établissements collégiaux permettent même de concevoir des formations sur mesure qui peuvent être données au sein des entreprises. Il est aussi possible de créer des formations en collaboration avec d’autres collèges pour concevoir le programme qui répondra le mieux possible aux exigences d’une entreprise. « Les solutions offertes par les établissements collégiaux sont nombreuses et flexibles. Les manufacturiers ont tout avantage à les inclure dans leurs stratégies de formation de la main-d’œuvre », conclut Mme Vallée. 


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