Génik

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Rencontre avec un pionnier de l’innovation manufacturière au Québec

S’il y a une personne convaincue de l’importance de passer à l’ère du manufacturier 4.0, c’est bien le président-directeur général de Génik, Donald Turcotte. Il nous a livré ses idées et son histoire, au Forum stratégique sur le manufacturier innovant, le 7 avril, à Montréal.

Parcours d’un innovateur

Tout a commencé par la fermeture de l’entreprise spécialisée dans la conception de machinerie de production pour laquelle M. Turcotte travaillait jusqu’en avril 1991. Jeune ingénieur sans emploi, il décide alors de proposer ses services au client pour lequel il réalisait un projet avant la fin des activités. Constatant les besoins énormes de l’industrie, il s’associe avec un collègue et fonde Génik en 1992.

Ainsi, depuis  25 ans, l’équipe de Génik conseille et accompagne des entreprises manufacturières québécoises dans des projets d’optimisation de leur chaîne de production. Concrètement, l’entreprise de Saint-Jérôme conçoit, réalise et implante des projets d’automatisation et de robotisation sur mesure.

De ses années d’expérience, M. Turcotte tire un constat sans appel : « L’attentisme, ce n’est pas une stratégie viable pour une entreprise. Si tu ne le fais pas, tes concurrents vont le faire et ensuite la côte sera trop difficile à remonter. Il y a des entreprises avec qui nous avons travaillé il y a des années et qui sont toujours en activité et prospères, alors que leurs compétiteurs ont disparu. »

Innover avec ses clients

L’approche qui a fait le succès de Génik est basée sur la collaboration constante de ses clients dans l’évaluation des besoins et le développement selon une méthodologie mise au point par l’entreprise : « Pour trouver la bonne approche, il faut avoir une connaissance fine du produit et du procédé de fabrication. Ces connaissances, c’est le manufacturier qui les a, pas nous », poursuit-il.

Autre constat, il s’agit d’une démarche globale : « Quand nous avons commencé, par exemple, nous cherchions systématiquement à concevoir des processus d’automatisation adaptés au produit tel qu’il existait, ce qui nous a parfois menés à un cul-de-sac. Nous avons alors compris que l’innovation était un processus global et que le produit lui-même devait parfois être repensé en vue d’intégrer un mode de production plus efficace. »

Les machines c’est bien, mais les humains là-dedans?

« Après toutes ces années, nous avons beaucoup appris sur le développement de solutions et sur l’importance du facteur humain quand vient le temps d’effectuer des changements. Il faut travailler avec tous les employés, car ultimement c’est l’opérateur sur le plancher qui aura à composer le plus avec le changement. Il est donc important qu’il soit impliqué dans le développement et qu’il y adhère pour qu’un projet soit couronné de succès. »

Il y a de l’avenir pour le secteur manufacturier?

« Dans bien des secteurs, le salaire n’est pas le facteur déterminant pour être concurrentiel. Les enjeux importants sont l’innovation, la productivité souvent liée à l’automatisation, la formation et la compétence des employés. Nous, c’est notre quotidien, on le sait, mais je suis très heureux de voir que de plus en plus d’entreprises intègrent une culture de l’innovation et que le milieu, les institutions et le gouvernement se mobilisent pour soutenir les manufacturiers dans leurs démarches. Il y a un bel avenir pour le manufacturier au Québec, il s’agit d’y mettre les efforts et de travailler ensemble ».